Demain débutent deux jours de contrôles intensifs contre le GSM au volant
Malgré le succès croissant des systèmes bluetooth, 1 conducteur sur 8 continue de téléphoner au volant en tenant son GSM en main. Encore plus préoccupant, 1 Belge sur 4 envoie ou lit des SMS en roulant. Tels sont les résultats d’une enquête menée dans 11 pays européens. Demain, la police débute une nouvelle opération de contrôles renforcés contre la distraction au volant. Entre-temps, un groupe de travail va être créé afin de définir le cadre légal permettant d’utiliser les caméras pour détecter les infractions liées au GSM.
En 2024, 110.894 conducteurs ont été verbalisés pour usage du GSM au volant, soit plus de 300 par jour en moyenne ! Ce chiffre est relativement stable ces dernières années.
Selon une enquête menée dans 11 pays européens sur la prévalence des comportements dangereux, voici les principaux risques pris par les conducteurs belges en matière de GSM au volant.
1) 86% des conducteurs quittent la route du regard plus de 2 secondes
Une grande majorité des conducteurs belges (86%) avouent qu’il leur arrive de quitter la route du regard pendant plus de deux secondes alors qu’ils conduisent, ce qui multiplie le risque d’accident par 7. Ils peuvent par exemple se laisser distraire par un objet extérieur (ex.: un panneau publicitaire). En agglomération, un conducteur qui quitte la route du regard pendant 2 secondes parcourt 28 mètres « à l’aveugle », soit la longueur d’un terrain de basket.
2) 23% des conducteurs envoient des SMS en conduisant
Près d’1 conducteur belge sur 4 (23%) envoie et/ou lit des SMS ou des mails en conduisant, ce qui multiplie le risque d’accident par 6. Aujourd’hui, le GSM est de plus en plus utilisé pour envoyer ou lire un message ou scroller plutôt que pour téléphoner. Pour la sécurité routière, cette évolution n’est pas positive : le risque d’accident est encore plus élevé que pour une personne qui téléphone en conduisant.
3) 13% des conducteurs tiennent leur GSM en main pour téléphoner
Alors que les systèmes bluetooth ont tendance à se généraliser depuis quelques années, il arrive encore à 1 conducteur belge sur 8 (13%) de téléphoner au volant sans kit mains libres, ce qui multiplie le risque d’accident par 2. C’est une légère diminution par rapport à l’édition précédente (15%) mais cela reste important. L’utilisation du GSM au volant est pourtant interdite depuis… 2000 !
4) 10% des conducteurs participent à des réunions en roulant
1 conducteur belge sur 10 avoue participer à des réunions de travail alors qu’il est en train de rouler. Si le GSM est placé sur un support fixé au véhicule, ce n’est pas à proprement parler interdit, sauf si cette participation l’empêche d’effectuer toutes les manœuvres qui lui incombent. Une chose est sûre : non seulement l’employé prend des risques mais sa participation à la réunion risque de ne pas être très productive.
5) 6% des conducteurs regardent un film en conduisant
Malheureusement, il est relativement facile aujourd’hui d’installer un boîtier permettant de regarder un film ou un autre programme en conduisant. 6% des conducteurs belges avouent qu’il leur arrive de regarder un film ou une série via ce système ou sur leur GSM.
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Portrait-robot du conducteur distrait Sur la base de la dernière mesure de comportement de l’institut Vias, il est possible de dresser un portrait-robot de la personne distraite au volant. I s’agirait plutôt d’un conducteur : - de sexe masculin (1,8% des hommes tenaient leur GSM en main lors des observations contre 1,2% pour les femmes) ; - âgé entre 18 et 24 ans (4,6% tenaient leur GSM en main contre 1,6% pour les 25-64 ans) ; - qui roule en Wallonie (2,2% des conducteurs wallons tenaient leur GSM en main contre 2,1% des Bruxellois et 1,8% des Flamands) ; - qui conduit sur autoroute (2,7% des conducteurs tenaient leur GSM en main contre 1,5% sur les autres routes) ; - qui est seul dans son véhicule (2,5% des conducteurs tenaient leur GSM en main contre 0,7%). |
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Ce que dit le code de la route Article 8.3. « Tout conducteur doit être en état de conduire, présenter les qualités physiques requises et posséder les connaissances et l’habileté nécessaires. Il doit être constamment en mesure d’effectuer toutes les manœuvres qui lui incombent et doit avoir constamment le contrôle du véhicule ou des animaux qu’il conduit. » Article 8.4 : "Sauf lorsque son véhicule est à l’arrêt ou en stationnement, le conducteur ne peut utiliser, tenir en main ni manipuler aucun appareil électronique mobile doté d’un écran, à moins qu’il ne soit fixé au véhicule dans un support destiné à cette fin". Une infraction à ces articles est du 3e degré. L'amende s'élève actuellement à 174 euros (+10,42 euros) mais sera bientôt augmentée. En Flandre, le permis de conduire est également immédiatement retiré pour une durée de 15 jours en cas d'utilisation d'un téléphone portable au volant. |
Jean-Luc Crucke, ministre fédéral de la Mobilité : « La distraction dont l’utilisation du GSM au volant, reste une cause majeure d'accidents aux côtés de la vitesse excessive et de la conduite sous influence. Une détection plus automatique de ces comportements est une avancée importante pour améliorer la sécurité sur nos routes. Avec mes collègues en charge de la Justice et des Affaires intérieures (police), nous avons donc pris la décision de lancer un groupe de travail sur l'utilisation des caméras pour détecter les distractions au volant et analyser les possibilités techniques et les adaptations législatives à prévoir. »
Conclusion
Chaque année, la distraction causée par l’usage du GSM au volant est responsable de 50 tués et de 4500 blessés sur nos routes. Des opérations comme celle qui démarrera demain sont donc indispensables. On peut aussi se réjouir qu’un groupe de travail a été créé afin de définir le cadre légal permettant d’utiliser les caméras pour détecter les infractions liées au GSM. Ces caméras peuvent être placées sur les ponts d’autoroute et changées de place toutes les semaines par exemple. De ce fait, le risque de se faire contrôler augmente aux endroits où l’utilisation du GSM est la plus importante.
Personne de contact :
Benoit Godart, porte-parole institut Vias: 02/244.15.34 ou 0476/24.67.20
