Elle roule alors sans permis valable, ce qui peut avoir de lourdes conséquences
En Belgique, environ 1 million de personnes sont atteintes de diabète. Légalement, elles sont tenues de renouveler leur permis de conduire tous les 5 ans après une consultation médicale. Une enquête de l’Association du Diabète, la « Diabetes Liga » et l’institut Vias révèle qu’une personne atteinte de diabète sur cinq n’est pas en règle. Elles conduisent donc sans permis valide, ce qui peut avoir de lourdes conséquences en cas d’accident. Beaucoup d’entre elles ne sont pas au courant de la nécessité d’avoir un permis adapté. C’est pourquoi les 3 organisations lancent une campagne de sensibilisation destinée aux personnes atteintes de diabète et aux professionnels de la santé.
Afin de savoir dans quelle mesure les personnes atteintes de diabète connaissent la réglementation sur le permis de conduire adapté et quels types de précautions elles prennent avant et pendant la conduite, une enquête en ligne a été réalisée par l'Association du Diabète, la « Diabetes Liga » et l'institut Vias. Au total, 1136 personnes atteintes de diabète (et titulaires d'un permis de conduire) ont répondu à cette enquête.
1 sur 5 ne dispose pas d'un permis de conduire adapté
Près de 8 personnes interrogées sur 10 (78 %) disposent d'un permis de conduire adapté. Cela signifie également que 22 % ne respectent pas cette obligation. Toute personne qui conduit sans permis adapté ne dispose pas, d’un point de vue juridique, de permis valide. Cela peut entraîner une amende et avoir des conséquences en cas d’accident, même si celui-ci n’est pas lié au diabète. Cela peut également compromettre l’intervention de la compagnie d’assurances.
Les personnes conduisant sans permis adapté le font souvent sans le savoir. De nombreuses personnes atteintes de diabète ne découvrent que plusieurs années après leur diagnostic qu’elles doivent demander ou renouveler un permis adapté. En effet, elles doivent assimiler beaucoup d’informations, surtout juste après le diagnostic. Les règles relatives à l’aptitude à la conduite peuvent alors passer au second plan.
18 % ignorent qu’un permis adapté est nécessaire pour toute personne atteinte de diabète
Le manque de connaissance des règles joue un rôle dans le fait que certaines personnes ne font pas les démarches requises. Ainsi, 18 % des personnes interrogées pensent qu’un permis de conduire adapté n’est pas nécessaire et 27 % estiment que cela ne s’applique qu’à certains types de diabète, à partir d’un certain âge ou uniquement en cas de complications.
Contrairement à ce que pensent 43 % des participants à l’enquête, il y a un risque à ne pas être assuré en cas d’accident si l’on ne possède pas de permis adapté. 40 % savent, à juste titre, qu’en cas d’accident, l’assurance risque de ne pas intervenir si l’on n’est pas en règle avec la réglementation. 17 % pensent même qu’ils ne sont pas assurés !
Que dit la loi ?
Dès qu’un diagnostic de diabète est posé, toute personne est légalement tenue de demander un permis de conduire adapté dans les 4 jours ouvrables, quel que soit le traitement ou le type de diabète (y compris donc pour les permis provisoires). Les conducteurs professionnels doivent renouveler leur permis tous les 3 ans, les autres conducteurs tous les 5 ans.
Les personnes atteintes de diabète doivent assurer elles-mêmes le suivi. Elles se verront délivrer un certificat d’aptitude à la conduite par leur médecin généraliste ou leur endocrinologue qu’elles présenteront ensuite à la commune. Ce n’est que dans les situations complexes que la personne atteinte de diabète est renvoyée vers un centre d’aptitude à la conduite comme le CARA. Après un examen multidisciplinaire, un certificat d’aptitude à la conduite pourra alors y être délivré ou non.
Pourquoi un permis adapté est-il nécessaire ?
La réglementation européenne stipule que les personnes atteintes de diabète doivent être titulaires d’un permis de conduire adapté. Elles sont ainsi soumises à un contrôle médical tous les 5 ans, portant spécifiquement sur leur capacité à conduire un véhicule en toute sécurité. En effet, lorsque l’on souffre de diabète, la glycémie peut présenter des fluctuations, ce qui peut s’avérer dangereux au volant. C’est notamment le cas lors d’une hypoglycémie dont les symptômes possibles sont les suivants : tremblements, transpiration, pâleur, vertiges, sensation de faim, palpitations… Au volant, une hypoglycémie peut notamment se manifester par des difficultés à rester dans sa voie, le fait de ne pas voir les panneaux de signalisation ou de remarquer trop tard un clignotant.
À long terme, le diabète peut aussi provoquer des complications graves sur le plan oculaire, neuropathique ou cardiovasculaire, impactant également l’aptitude à la conduite.
1 personne sur 5 s'inquiète d'une hypoglycémie
1 personne sur 5 (19 %) s'inquiète d'une hypoglycémie ou d'une hyperglycémie au volant alors que 64 % s’en inquiètent rarement, voire jamais. Ces préoccupations sont liées au type de diabète, au traitement et aux années de diabète.
Près d’une personne sur deux emporte des sucres rapides
Bien que les personnes atteintes de diabète disposent aujourd’hui de matériels plus performants pour surveiller leur glycémie et de traitements plus optimaux, le risque d’hypoglycémie au volant reste présent.
Pour réduire ce risque, 1 personne sur 3 (36 %) emporte systématiquement des sucres rapides lorsqu’elle prend le volant, 1 personne sur 5 (18 %) vérifie régulièrement sa glycémie et 1 personne sur quatre (25 %) fait souvent une pause. La plupart des personnes interrogées prennent donc des précautions avant et pendant la conduite.
Dans un petit film (https://youtu.be/UPYqQ2kuoYI), Michelle explique les mesures qu’elle prend pour prévenir une hypoglycémie.
Conclusion
Cette enquête montre que l’obligation d’adapter son permis n’est pas toujours bien respectée par les personnes atteintes de diabète, souvent par manque de connaissance. Pourtant, le fait de ne pas être en ordre peut avoir des conséquences potentiellement importantes.
C’est pourquoi l’Association du Diabète, la « Diabetes Liga » et l’institut Vias invitent les personnes atteintes de diabète à vérifier leur permis de conduire et, en temps utile, à aborder cette question avec les professionnels de la santé. Le médecin généraliste et l’endocrinologue peuvent par ailleurs jouer un rôle important pour mieux faire connaître la réglementation en vigueur, tant au moment du diagnostic du diabète que lorsque le permis de conduire doit être renouvelé.
Pour l’Association du Diabète, « Bien que conduire avec le diabète est aujourd’hui plus sûr grâce à de meilleurs traitements et à la technologie, rien ne remplace la responsabilité du conducteur face au risque d’hypoglycémies ou à d’éventuelles complications altérant sa conduite. Soulignons quand même que la grande majorité des personnes atteintes de diabète prennent déjà des précautions lorsqu’elles conduisent. Les résultats de l’enquête montrent toutefois qu’une sensibilisation continue est nécessaire. »
Une session d’information en ligne sur le thème « Conduire avec le diabète » est organisée le 12 octobre. Inscription via https://www.diabete.be/actualites-et-agenda-6/agenda-197/webinaire-gratuit-877#gsc.tab=0
Personnes de contact :
Benoit Godart, porte-parole institut Vias: 02/244.15.34 ou 0476/24.67.20
Amélie Van Vyve, Association du Diabète : 0471/65.29.27
