Aujourd’hui se tient la Journée mondiale du souvenir des victimes des accidents
Outre les conséquences physiques, les accidents de la route peuvent engendrer une souffrance psychologique importante. Ainsi, 6 personnes sur 10 impliquées dans un accident corporel souffrent de dépression, parfois pendant des années. 4 victimes sur 10 sont même encore dépressives 10 ans après les faits ! L’impact est également conséquent pour l’entourage des victimes: 9 proches sur 10 ressentent des symptômes de stress post-traumatique. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude de l’institut Vias publiée à l’occasion de la Journée mondiale du souvenir des victimes des accidents. Une cérémonie aura lieu ce jour à Gembloux en mémoire d’Olivier, fauché il y a 20 ans par un conducteur ivre, et de toutes les autres victimes.
On en parle peu mais les accidents de la route peuvent aussi engendrer d’importantes souffrances psychologiques, tant chez les victimes elles-mêmes qu’auprès de leur entourage. Dans une nouvelle étude, l'institut Vias s’est penché sur cette face cachée des accidents. Pour ce faire, les auteurs de l’étude ont interrogé des victimes impliquées dans des accidents avec tués ou blessés, ainsi que des membres des familles proches.
4 victimes sur 10 encore dépressives… 10 ans après l’accident
Plus de la moitié des usagers ayant été impliqués dans un accident de la route présentent, peu après l'accident, des symptômes de stress post-traumatique (58%), de dépression (55%) ou de trouble anxieux (58%) qui sont au moins en partie liés à l'accident. Ces troubles surviennent souvent en même temps : près de 7 personnes sur 10 (67%) ont présenté simultanément des symptômes de stress post-traumatique, de dépression et d'anxiété peu après l'accident.
Même des années après l'accident, les conséquences psychologiques restent perceptibles. Plus de dix ans après l'accident, 4 personnes sur 10 (41%) déclarent encore souffrir de symptômes de dépression.
L'accident a également un impact sur les habitudes de déplacement des victimes : près de 4 sur 10 (38%) se déplacent moins souvent ou évitent certains endroits depuis l'accident et 1 sur 3 (30%) déclare utiliser moins souvent un moyen de transport (principalement la voiture et le vélo).
De lourdes conséquences sur le bien-être mental des proches
La plupart des personnes interrogées en tant que proches ont rapporté un accident impliquant un enfant (60%) ou un partenaire (21%). Dans près de 6 cas sur 10 (58%), la victime est décédée des suites de l'accident.
L'impact sur le bien-être mental des répondants est encore plus important pour les proches des victimes que pour les victimes elles-mêmes. Environ neuf personnes sur dix ont présenté, peu après l'accident de la route, des symptômes de dépression (94%), de trouble anxieux (91%) ou de stress post-traumatique (89%) pouvant être liés à l'accident. Près de neuf personnes sur dix ont signalé simultanément des symptômes de stress post-traumatique, de dépression et de trouble anxieux.
Le sentiment d'impuissance et de colère est particulièrement présent chez 85 % des proches, même plusieurs années après l'accident. La peur de conduire et la peur de prendre part au trafic ne touchent pas que les victimes elles-mêmes : 7 proches sur 10 disent également en souffrir.
Conclusion
Les résultats de l'étude montrent clairement que les accidents de la route ont un impact considérable sur le bien-être psychologique des personnes concernées. Les conséquences marquent la vie des victimes et de leurs proches pendant de nombreuses années après l'accident. Pour ces derniers, c'est particulièrement vrai lorsque la victime décède. Un décès soudain et traumatisant à la suite d'un accident de la route entraîne souvent un processus de deuil complexe.
Il est important de ne pas se limiter aux souffrances physiques, matérielles ou financières lorsqu'on examine les conséquences d'un accident. D’une part, il est indispensable de tenir compte des aspects physiques et psychologiques et, d'autre part, il ne faut pas négliger le processus de rétablissement des proches des victimes. Un dépistage et un traitement rapide des troubles psychologiques sont nécessaires, de même qu’un suivi à long terme.
Pour Alain Moreau, de l’Asbl Parents d’Enfants Victimes de la Route – SAVE : « Aujourd'hui, nous rendons hommage à toutes les victimes de la route et à leurs proches, et leur exprimons notre soutien. Les conséquences d'un accident de la route sont lourdes et laissent souvent des traces profondes, visibles mais aussi invisibles. Le soutien apporté par l'entourage immédiat et par des professionnels est alors très précieux. Cette journée est également un appel à rester attentif à l'impact psychologique d'un accident sur les victimes et leurs proches, qui est encore trop souvent négligé ».
Pour Jean-Luc Crucke, Ministre fédéral de la Mobilité : « Derrière chaque accident, il y a une vie bouleversée, une famille marquée à jamais, nous le savons. Ces chiffres nous le quantifient même si la sécurité routière, ce n’est pas qu’une question de chiffres : c’est aussi et surtout une question d’humanité. Et c’est précisément cette conviction qui guide notre engagement et notre politique vers une seule ambition possible : zéro mort sur nos routes à l’horizon 2050 ».
Le rassemblement en mémoire d’Olivier et de toutes les victimes de la route a lieu ce dimanche à 11h à Gembloux, au rond-point des 3 clés (croisement de la N4 et de la N29).
Personne de contact:
Benoit GODART, porte-parole Institut Vias: 02/244.15.34 ou 0476/24.67.20
