Presque 4 accidents sur 10 ont lieu les nuits de week-end

En moyenne, on recense chaque année une quinzaine d’accidents avec un conducteur fantôme sur autoroute. C’est en mars que le risque d’accident est le plus élevé. De tels accidents sont 10 fois plus mortels que la moyenne des accidents sur autoroute. Alcool, erreur d’attention ou volonté de suicide sont souvent à la base de tels accidents. Une nouvelle analyse statistique de l’IBSR dresse le profil des conducteurs qui prennent l’autoroute à contresens.

Le conducteur décède dans un accident sur 6

Les accidents impliquant un conducteur fantôme représentent seulement 0,4% de la totalité des accidents corporels sur autoroute, mais entraînent 3,7% des tués. Ces accidents sont donc 10 fois plus graves que l’ensemble des accidents corporels sur autoroute.

Au cours des 10 dernières années, nous avons déploré 327 victimes au total dans les 143 accidents impliquant un conducteur fantôme dont 45 tués et 282 blessés. Dans un accident sur 6, le conducteur fantôme décède.

En mars, la nuit, surtout le week-end

Le nombre d’accidents est relativement bien réparti sur l’année mais il y a quand même un pic au mois de mars: 11% des accidents avec un conducteur fantôme ont lieu ce mois-là.

38% des accidents corporels impliquant un conducteur fantôme ont lieu la nuit et principalement les nuits de week-end (24% de tous les accidents corporels impliquant un conducteur fantôme). C’est proportionnellement plus que ce que nous observons au niveau de l’ensemble des accidents corporels sur autoroute puisque seulement 22% d’entre eux se produisent la nuit.

Les conducteurs de plus de 65 ans surreprésentés

Plus d’un conducteur fantôme sur 5 (21%) impliqué dans un accident a plus de 65 ans, alors que les seniors ne sont représentés que dans 4% de l’ensemble des accidents sur autoroute. La conduite à contresens est donc beaucoup plus fréquente chez les seniors que chez les plus jeunes. Mais en chiffres absolus, c’est chez les 25-49 ans que l’on compte le plus de conducteurs fantômes.

Age des conducteurs impliqués dans un accident corporel sur autoroute

 
L’alcool dans quasiment un cas sur 4

Dans pratiquement un cas sur 4 (23%), le conducteur fantôme était sous l’influence de l’alcool au moment de l’accident. C’est quasi 2,5 fois plus que pour l’ensemble des accidents corporels sur autoroute (10%). Il s’agit probablement d’une sous-estimation de la réalité car seulement la moitié des conducteurs fantômes subissent un éthylotest. Certaines études menées à l’étranger montre que la moitié des conducteurs fantômes sont sous l’emprise de l’alcool au moment de l’accident.

La moitié fait demi-tour sur l’autoroute

Rouler à contresens arrive plus fréquemment lorsque la visibilité est réduite, surtout en automne et en hiver, ainsi que la nuit.

Il ressort d’une étude néerlandaise que seule la moitié des conducteurs fantômes roulent à contresens à partir d'une sortie d'autoroute. Les autres font demi-tour (ou marche arrière, par exemple) alors qu'ils se trouvent déjà sur l'autoroute. Cela limite évidemment l'efficacité des moyens de sécurisation des bretelles d'accès.

Profil du conducteur fantôme

On relève 3 grandes catégories de conducteurs fantômes qui roulent à contresens:

1) sous l'emprise de l'alcool, de drogues et/ou de médicaments;

2) involontairement, à la suite d'une erreur d'attention ou d'une distraction. La perte des repères, les difficultés d'orientation, etc. sont autant de facteurs qui peuvent jouer un rôle. Assez paradoxalement, un trafic peu dense peut également contribuer à la perte des repères.

3) délibérément, que ce soit par pur défi, dans le cadre d'un pari ou pour se suicider.

Que faire face à un conducteur fantôme ?

1) Ralentissez tout en serrant votre droite quitte à rouler sur la bande d'arrêt d'urgence. Les études montrent en effet que les conducteurs fantômes ont une forte propension à rouler à droite (donc, sur la bande de gauche pour vous).

2) Faites éventuellement des appels de phares lorsque vous croisez le conducteur fantôme et seulement à ce moment pour ne pas le faire paniquer.

3) Prévenez le plus vite possible les services de police.

Que faire si vous prenez l'autoroute à contresens ?

1) Ralentissez et allumez vos feux de croisement et vos feux de détresse. En aucun cas, vous ne devez accélérer pour tenter de gagner au plus vite la prochaine bretelle d'accès.

2) Si aucun véhicule n'arrive en face, dirigez-vous vers la bande d'arrêt d'urgence et arrêtez-vous. Dans le cas contraire, serrez le plus possible votre droite pour que ce véhicule puisse faire une manœuvre d'évitement (par sa droite).

3) Prévenez immédiatement les services de police. Elles vous aideront à vous remettre dans le sens de la marche.
 

Personne de contact:

Benoit Godart, porte-parole IBSR: 02/244.15.34 ou 0476/24.67.20

 

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