Deuxième test avec une navette autonome en Belgique

Il y a un mois jour pour jour, le premier test avec une navette autonome était organisé sur la voie publique à Han-sur-Lesse. Aujourd’hui à Braine-l’Alleud s’est tenu un deuxième test en la présence du ministre fédéral de la Mobilité François Bellot. Le minibus parcourt, à proximité du Lion de Waterloo, un trajet 5 fois plus long et technologiquement plus complexe que lors du premier test.

Des défis encore plus grands

Il y a tout juste un mois, notre pays testait pour la toute première fois une navette autonome sur la voie publique. Un minibus parcourt depuis lors un trajet de 500 m environ sans chauffeur à son bord. A compter d’aujourd’hui, une navette similaire effectuera à Braine-l’Alleud un trajet de 2,4 km, soit une distance quasiment 5 fois plus grande. Elle roulera de la butte du Lion jusqu’à la ferme de Hougoumont, lieu emblématique de la bataille de Waterloo.

Ce nouveau test est encore plus ambitieux et plus difficile techniquement que le premier en raison de la présence de virages, d’une pente assez importante sur une partie du parcours et de l’étroitesse des routes empruntées. Celles-ci sont par ailleurs fréquentées régulièrement par des cyclistes et des piétons, sans compter que des fermiers y circulent en tracteur pour se rendre aux champs. La navette détecte tous ces usagers et adapte ses déplacements en conséquence. Elle ralentira ou s’arrêtera en cas de risque de collision.

Les capteurs davantage utilisés à Braine-l’Alleud qu’à Han-sur-Lesse

A Han-sur-Lesse, l’intégralité de l’itinéraire était configurée à l’avance et la navette pouvait se baser sur le signal GPS pour avancer. Les capteurs Lidar, qui utilisaient les bâtiments comme éléments de référence, entraient uniquement en action en cas de problèmes avec le signal GPS. Pour ce deuxième test, la navette ne fait plus uniquement usage du signal GPS. Lorsqu’elle roule sous les arbres, elle se positionne constamment à l’aide des capteurs Lidar qui détectent des obstacles bien déterminés le long de la route. Les feuilles qui tombent sur le revêtement constituent un problème supplémentaire. Elles ne peuvent pas être détectées comme des obstacles, sinon la navette ne peut plus avancer.

Un mois de véhicules autonomes : bilan

Après un mois à Han-sur-Lesse, nous sommes en mesure de tirer un premier bilan positif. Au total, un bon millier de personnes ont pris la navette entre le parking du domaine des grottes de Han et la place communale. Six opérateurs ont assuré son bon fonctionnement. Elle a suscité par ailleurs la curiosité de toutes les personnes qui l’ont aperçue. Les questions les plus souvent posées concernaient la manière dont elle fonctionne, si elle s’arrête quand des gens passent devant et quelles sont les possibilités d’utilisation de ce genre d’engin à l’avenir.

Au niveau technique, il y a eu très peu de problèmes. Elle a croisé de nombreuses voitures sans difficulté et n’a embouti personne. Le minibus a roulé à 15 km/h en vitesse de croisière mais a fait des pointes à 18 km/h. Parfois, elle s’arrêtait même quand un sachet en plastique passait devant elle.

Pour ces tests, un opérateur se trouvait toujours à bord, il pouvait intervenir en tout temps. Il a dû reprendre les commandes en manuel à plusieurs reprises car des véhicules mal garés bloquaient le passage de la navette. La technologie actuelle ne permet pas encore à la navette d’éviter elle-même les obstacles, mais la génération suivante sera à même de le faire. Elle calculera alors l’espace libre à côté de chaque obstacle et estimera si elle peut l’éviter en toute sécurité.

Après la navette autonome, place à la voiture autonome

Les navettes autonomes sont parfaitement adaptées aux campus, parcs d’attractions et pour transporter des gens du parking d’un l’hôpital vers son entrée. Ils peuvent également accroître la mobilité des seniors ou des personnes à mobilité réduite puisqu’ils sont aussi capables d’accueillir des personnes se déplaçant en fauteuil roulant. La technologie des navettes autonomes évoluent ; celle des voitures autonomes également. Ainsi, plusieurs marques testent à l’étranger leurs nouveaux modèles sur la voie publique.

Confiance du citoyen

Pour les véhicules autonomes, il est indispensable que la population fasse confiance à cette technologie. Selon une enquête de l’institut Vias, plus de 4 Belges sur 10 (42%) estiment que le plus grand inconvénient des véhicules autonomes est la perte de liberté au volant. Ils veulent garder le contrôle de leur véhicule et ne pas laisser les commandes à un « ordinateur ».

Le rôle des médias concernant l’adhésion sociale du citoyen en faveur des nouvelles technologies n’est pas à sous-estimer. Tout accident impliquant un véhicule autonome occupe le devant de la scène. Dans la plupart des cas, l’accident n’aurait pas non plus pu être évité par un conducteur. Des études de la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) aux Etats-Unis prévoient que le nombre d’accidents chute de 80% d’ici 2035 grâce aux voitures autonomes et connectées.

Le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot se montre déjà satisfait de l’évolution du test avec les véhicules autonomes dans notre pays : « « Il y a un mois à Han-sur-Lesse, il s’agissait d’un trajet de 500 m. Aujourd’hui à Braine-l’Alleud, au pied de la butte du Lion, le trajet de la navette est porté à 2400 m. La distance parcourue par un véhicule automatique vient donc quasiment d’être multipliée par 5 en un mois. L’utilisation des technologies les plus avancées est une piste que nous devons exploiter car le potentiel des véhicules autonomes et connectés pour révolutionner notre mobilité est aussi important que l’arrivée des premières voitures au début du 20e siècle. Le test d’aujourd’hui renforce mon message en faveur d’une mobilité plus interconnectée, plus durable, plus intermodale. »

                                               

Personnes de contact

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Mélisa Blot, porte-parole F. Bellot : 0471/44.92.49

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