Pour la 1re fois, deux navettes circulent simultanément sur le même circuit

Aujourd’hui, dans le cadre du salon « Smart City Wallonia, deux navettes sans chauffeur de deux fabricants différents circulent, pour la toute première fois, sur un même parcours. La coordination de leurs déplacements est assurée par un logiciel qui assure la fonction de « tour de contrôle ». Ce test organisé par l’institut Vias, en collaboration avec le SPF Mobilité et Transports, se déroule en présence du Ministre de la Mobilité François Bellot. Il ouvre la porte à l’intégration de ce genre de véhicules dans les futurs plans de mobilité tant au niveau public que privé.

Il y a un peu plus d’un an, une navette autonome interagissant avec les autres usagers a, pour la première fois en Belgique, circulé sur la voie publique avec des passagers. Cette date marque à jamais le début d’une nouvelle ère de la mobilité en Belgique.

1 parcours, deux navettes autonomes

Aujourd’hui, une nouvelle étape a été franchie dans le déploiement des véhicules autonomes. Les visiteurs du salon « Smart City Wallonia » de Marche-en-Famenne peuvent monter à bord de l’une des 2 navettes qui circulent simultanément sur le même circuit pendant tout le salon. Ces deux véhicules autonomes proviennent de deux fabricants différents et se déplacent à l’extérieur mais aussi à l’intérieur du salon en faisant plusieurs arrêts sur un parcours dessiné autour du WEX. 

Ce test, réalisé par l’institut Vias, en collaboration avec le SPF Mobilité et Transports, est une première mondiale : la coordination de la navette de Navya et celle d’EasyMile (déployée par Ush) au sein d'une même flotte est assurée par un logiciel de Bestmile qui remplit la fonction de tour de contrôle et adapte au besoin les fréquences de passage des navettes à distance. De ce fait, le temps d’attente des visiteurs s’en trouve réduit. 

Nouvelle technologie de l’Ecole Royale Militaire

L’expérience d’aujourd’hui permet aussi de tester une nouvelle technologie, développée par l’Ecole Royale Militaire, servant à déterminer la position d’un véhicule à l’intérieur d’un bâtiment. Cette technologie est développée par l’Ecole Royale Militaire. Un signal comparable au signal GPS peut être émis dans les bâtiments, même dans les endroits où la portée du signal GPS est quasi nulle. C’est évidemment intéressant pour les véhicules autonomes, comme les drones ou les navettes qui doivent se déplacer à l’intérieur d’un bâtiment. Les services de secours pourront aussi y recourir, par exemple quand une équipe d’intervention doit retrouver son chemin. Cette technologie ne servira pas uniquement à régler des problèmes de mobilité et de sécurité routière, mais elle s’avérera utile pour solutionner des problèmes de sécurité au sens large.

Le test organisé aujourd’hui ouvre la porte au déploiement des véhicules autonomes sur le parking des hôpitaux, des attractions touristiques ou des aéroports, par exemple. Ensuite, de tels véhicules pourront être utilisés dans les centres des villes pour, par exemple, transporter des touristes.

Le code de la route adapté

Pour ce faire, il faudra toutefois que le code de la route soit adapté. Sa nouvelle version, pas encore adoptée, prévoit que « lorsque les systèmes activés de véhicule n’exigent pas que le conducteur effectue des tâches de conduite du véhicule, l’usage de toutes les fonctionnalités des appareils de bord embarqués est autorisé ». Le conducteur doit toutefois reprendre le contrôle du véhicule lorsque le système le demande ou pour obéir aux injonctions d’agents par exemple.

 Et maintenant ?

Bien entendu, le chemin vers les véhicules complètement autonomes est encore long et passera, dans un premier temps, par l’homologation de ces véhicules qui, pour l’instant, restent des prototypes. La technologie est perfectible et à terme, il faudrait, par exemple, que les véhicules autonomes puissent éviter un obstacle (ex. : une voiture mal garée) sans l’aide d’un opérateur. Mais c’est avec des tests comme celui d’aujourd’hui que l’on apprend et que l’on peut faire avancer les choses. La volonté de la Belgique est de continuer à soutenir de telles initiatives, notamment en proposant des procédures claires pour les parties intéressées et de contribuer au travail de réglementation avec les autres pays européens.

Confiance du citoyen

Selon une enquête de l’institut Vias, plus de 4 Belges sur 10 (42%) estiment que le plus grand inconvénient des véhicules autonomes est la perte de liberté au volant. Ils veulent garder le contrôle de leur véhicule et ne pas laisser les commandes à un « ordinateur ». Un gros travail de persuasion est donc indispensable dans les années qui viennent pour que la population fasse confiance à cette technologie. Des études de la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) aux Etats-Unis prévoient que le nombre d’accidents chute de 80% d’ici 2035 grâce aux voitures autonomes et connectées.

Le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot se montre déjà satisfait de l’évolution du test avec les véhicules autonomes dans notre pays : « L’utilisation des technologies les plus avancées est une piste que nous devons exploiter car le potentiel des véhicules autonomes et connectés est énorme et devrait permettre, à terme, de faire fortement baisser le nombre de tués sur nos routes. Le test d’aujourd’hui renforce mon message en faveur d’une mobilité plus interconnectée, plus durable, plus intermodale. »

Selon Karin Genoe, CEO de l’institut Vias, « Ce test, rendu possible par les fournisseurs de technologies et l’organisateur du salon Smart City Wallonia, démontre que les technologies évoluent vite. Celle que nous testons aujourd’hui ne servira pas uniquement à régler des problèmes de mobilité et de sécurité routière, mais elle s’avérera utile pour solutionner des problèmes de sécurité au sens large. Il s’agit des différents domaines pour lesquels l’institut Vias est constamment en quête d’innovations ».

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