Mobilité: les Flamands davantage partisans de la taxe kilométrique que les Wallons

12% des conducteurs belges de moins de 35 ans conduisent au moins une fois par mois sous l’influence de drogues. Mais le phénomène est plus marqué encore chez les jeunes Wallons et les jeunes Bruxellois: respectivement 17% et 20% d’entre eux avouent le faire régulièrement. La conduite sous l’influence de drogues semble donc devenir aussi problématique que l’alcool au volant. 6% des conducteurs belges avouent également prendre des photos au volant. Voilà quelques résultats marquants de la 7e Enquête Nationale d’INsécurité Routière menée par l’institut Vias. Pour la 1re fois, les personnes interrogées ont également été sondées sur plusieurs mesures de mobilité. Les avis concernant la taxe au kilomètre sont très partagés, même si elle est nettement mieux accueillie en Flandre qu’en Wallonie.

Pour la 7e année consécutive, l’institut Vias a réalisé une grande enquête sur le sentiment d’insécurité des Belges dans la circulation, leur comportement en matière de déplacements et les risques qu’ils prennent. Pour la première fois, les personnes ont été sondées à propos de plusieurs mesures en matière de mobilité. Au cours de cette édition, un échantillon représentatif de 6055 personnes a été interrogé.

Chaque mois, 1 jeune Wallon sur 6 conduit au moins une fois sous l’influence de drogues

12% des conducteurs belges de moins de 35 ans avouent conduire au moins une fois par mois sous l’influence de drogues. Leur usage constitue donc une menace aussi grande que l’alcool au volant. Ce problème est encore plus marqué en Wallonie et à Bruxelles. Ainsi 17% des jeunes Wallons et 20% des jeunes Bruxellois entre 18 et 34 ans admettent reprendre régulièrement le volant sous l’emprise de drogues. En Flandre, ils ne sont « que » 7%. Au total, 5% des Belges avouent conduire tous les mois sous l’influence de drogues. Une sensibilisation ciblée assortie d’actions de contrôles spécifiques s’impose. L’institut Vias espère que l’analyse salivaire pourra être rapidement utilisée à grande échelle par la police.

6% des Belges prennent des photos en conduisant

L’usage du GSM en voiture demeure une grande source de distraction. 1 conducteur belge sur 10 continue encore de téléphoner chaque mois avec le GSM en main. Le GSM est de plus en plus utilisé pour d’autres activités:  9% des Belges avouent surfer sur les réseaux sociaux pendant qu’ils conduisent. 6% prennent même des photos en conduisant.

Hausse du sentiment d’insécurité parmi les utilisateurs de transports en commun

Que ce soit pour le train, le métro, le tram ou le bus, le sentiment d’insécurité est en hausse ces dernières années parmi les utilisateurs de transports en commun. Cette augmentation n’est pas nécessairement imputable au fait que les transports en commun sont devenus plus dangereux, mais plutôt à une hausse du sentiment subjectif d’insécurité à bord.

Ce sont les utilisateurs de deux-roues motorisés qui se sentent le plus en insécurité dans le trafic. Les motards se sentent beaucoup plus en danger en Wallonie qu’en Flandre et à Bruxelles. Nous notons par ailleurs une légère hausse du sentiment d’insécurité chez les automobilistes au cours des deux dernières années alors que le nombre d’accidents avec tués et blessés a régressé.

C’est sur autoroute que les usagers se sentent le plus en danger. Pourtant, il s’agit en principe des routes les plus sûres par kilomètre parcouru. Il existe donc un décalage manifeste entre la sécurité objective et le sentiment subjectif de sécurité.

Les transports en commun plus populaires

L’auto reste le moyen de transport le plus prisé: près de 8 Belges sur 10 ont conduit une voiture au cours de l’année écoulée. Mais le pourcentage de personnes ayant voyagé en transports en commun a connu une hausse considérable (de 41% en 2017 à 48% en 2018). Les transports en commun sont particulièrement populaires à Bruxelles. 72% des Bruxellois les ont pris, soit une hausse de 9% par rapport à l’année d’avant. En Wallonie, seuls 36% se sont déplacés en transports en commun (contre 28% l’an dernier).

Environ la moitié des Belges (47%) s’est déplacée à vélo cette année. La bicyclette est de loin la plus populaire en Flandre. 63% des Flamands ont roulé à vélo au cours de l’année écoulée. Ce pourcentage est nettement moins élevé à Bruxelles (28%) et en Wallonie (25%). 37% des Belges ont utilisé un vélo traditionnel. Ce dernier reste dès lors plus populaire que le vélo électrique (13%). La plupart des utilisateurs de vélo électrique se déplacent uniquement avec ce type de vélo.

Autre grande première cette année: l’enquête a étudié la popularité des engins de déplacement (trottinettes électriques, monoroues, etc.). 3% des Belges en ont utilisé un au cours de l’année écoulée. Ce chiffre est aussi élevé que le pourcentage de personnes qui ont enfourché une moto ! A Bruxelles, ils sont même 6% à voyager sur un engin de déplacement.

Taxe kilométrique : la Flandre plus favorable que la Wallonie

Différentes mesures sont envisageables pour lutter contre les embouteillages. Plus de 8 Belges sur 10 (83%) souhaitent investir plus dans une meilleure infrastructure routière pour les cyclistes. 60% aimeraient aussi acheter leur ticket pour un trajet effectué avec plusieurs moyens de transport via une seule application ou carte de mobilité.

Par ailleurs, les avis divergent sensiblement pour ce qui est de la taxe kilométrique intelligente. Près de 4 Belges sur 10 (39%) se montrent favorables à son instauration. Et ils sont quasiment autant à y être contre (38%). Les différences régionales sont assez marquées. En Wallonie, 29% y sont favorables mais près de 49% s’y opposent ; en Flandre, 43% sont pour et 33% contre. Les distances plus grandes à parcourir et l’offre parfois moins étoffée de transports en commun en Wallonie, ainsi que les embouteillages plus importants encore en Flandre expliquent la différence au niveau de l’adhésion sociale à l’égard de cette mesure.

Selon Karin Genoe, CEO de l’institut Vias, «la présente Enquête Nationale d’INsécurité Routière montre que l’usage de drogues dans la circulation constitue un problème de sécurité routière majeur. Il importe de sensibiliser les jeunes de manière ciblée et d’accroître le risque de se faire contrôler pour venir à bout de ce phénomène. Selon l’enquête, une large part de Belges est favorable à l’instauration de mesures visant à améliorer la mobilité, comme une taxe au kilomètre intelligente. Il est primordial de bien informer les citoyens de l’utilité de cette mesure et également d’investir dans des solutions de rechange à la voiture ».

François Bellot, ministre fédéral de la Mobilité: « « Je suis heureux de constater que les transports en commun gagnent en popularité dans l’ensemble du pays. En ce qui concerne le train, cela confirme la tendance puisque le nombre de voyageurs de la SNCB a augmenté de plus de 3 % pour la seconde année consécutive. Nos transports sont de plus en plus multimodaux, comme en témoigne le succès des différents types d’engins de déplacement. A l’avenir, nous devons encore davantage veiller à ce que ces modes de transport soient utilisés en parfaite harmonie avec le reste du trafic. Dans ce contexte, regrouper toutes les possibilités de transport sur une app efficace et facile à utiliser ou une seule carte de mobilité qui intègre tous les opérateurs de transport sont des pistes intéressantes qui méritent réflexion ». 

Tous les résultats: enquetevias.be

Personnes de contact:

Benoit GODART, porte-parole Institut Vias: 02/244.15.34 ou 0476/24.67.20

Mélisa BLOT, porte-parole F. Bellot: 0471/44.92.49